Un printemps mouvementé
S’il est une période qu’il ne faut pas rater à Montréal, c’est bel et bien celle estivale. Non seulement parce que c’est toujours un énorme plaisir, après de longs mois d’hiver, de pouvoir enfin profiter d’un temps plus clément, mais également parce que c’est une période chargée en événements culturels. Mais si l’été est sans doute la période la plus mouvementée de l’année, le printemps n’a pas été en reste avec plusieurs événements africains et africophiles qui ont eu lieu au cours du mois d’Avril, présageant ainsi un été des plus bouillants.
Il y a eu tellements d'événements africophiles au cours des dernières semaines qu'il me faut revenir dessus et en faire un petit recensement.
Les hostilités ont été lancées le 14 avril avec le concert d’Habib Koïté. Le spectacle avait lieu dans le cadre des soirées Jazz à l’année du Festival de Jazz International de Montréal. C’est au Club Soda qu’il a présenté, accompagné de son groupe Bamada, des chansons issues de son dernier album Afriki. Les spectateurs ont découvert un artiste qui mêle instruments traditionnels et sonorités épurées, chants griots et cadences modernes dans un voyage constant entre tradition et modernité. Jouant tour à tour de la kora et de la guitare, il a enchanté son public dans une atmosphère calme et intime pour une soirée toute en douceur.En attendant le début du Festival de Jazz, les soirées Jazz à l’année continuent avec, entre autres, le spectacle d’Amadou & Mariam, compatriotes maliens d’Habib Koïté, le 5 juin au Metropolis.
Le Festival de Jazz n’est pas le seul événement à se prolonger tout au long de l’année. Le Festival International Nuits d’Afrique propose également plusieurs événements en dehors de ses deux semaines estivales avec les soirées Rythmes au Féminin et Fêtes du Monde ainsi que la remise des Syli d’Or de la musique du monde au cours desquelles plus de 200 musiciens et chanteurs se sont produits au Club Balattou tous les mardis et mercredis des mois printaniers. Les 18 soirées ont abouti à la remise des Syli d’Or, d’Argent et de Bronze choisis par le public qui était invité à voter pour ses artistes préférés à la fin de chaque prestation. Les gagnants ont été dévoilés le jeudi 30 avril 2009 et Aboulaye Koné & Bolokan Percussion (Côte d'Ivoire), Oumar Ndiaye Xosluman (Sénégal) et Xlim (Côte d'Ivoire), ont respectivement remporté les Syli d’Or, d’Argent et de Bronze.
Le cinéma africain a également été primé à Montréal avec le Festival du Cinéma africain et créole Panafrica International. Il a démarré le 16 avril et a offert aux Montréalais 10 jours de cinéma africain et créole. Longs et courts métrages de fiction, documentaires, séries: plus de 130 films ont été projetés à travers plusieurs salles Montréalaises dont le Cinéma Beaubien et le Cinéma Impérial. Pour fêter ses 25 ans le Festival Panafrica International a été inauguré par une soirée de Gala présidée par Michaëlle Jean, Gouverneure générale du Canada. Un hommage était fait à Youssef Chahidine, décédé en 2006 et plusieurs soirées thématiques ont rythmé l’événement. Du phénomène Obama en passant par le cinéma africain vu par les canadiens et le sport, les thèmes étaient variés et les réalisateurs provenaient de tous les horizons. Plusieurs acteurs et cinéastes ont fait le déplacement: Spike Lee était présent pour le lancement de la rétrospective de ses films organisée dans le cadre du Festival. Plusieurs prix ont été remis lors de la clôture de l’événement dont celui de Meilleure fiction long métrage décerné au film Mascarades du réalisateur algérien Lyes Salem.
Enfin le Festival des Rythmes d’Afrique et des Antilles de Montréal nous a proposé un événement 100% sénégalais le 24 avril 2009. La soirée a commencé par des prestations d’artistes actifs sur la scène musicale montréalaise. Zal Idrissa Sissoko et les Frères Diouf ont donc ouvert le bal. Ils étaient suivis de Fatou Guéwel, une diva de la musique sénégalaise. Originaire de Dakar, elle représente un style de musique traditionnel mais emprunt de mélodies accessibles aux oreilles les moins habituées aux rythmes du mbalax. Avec Fatou Guéwel on découvre le Sénégal dans son respect pour les traditions : les magnifiques tenues en bazin teinté, les bijoux et les sonorités des percussions typiques du mbalax. La soirée a été clôturée par Ismaël Lo, une autre pointure de la musique sénégalaise et africaine. Tadjabone, Jammu Africa, Sofia sont certaines des chansons qui l’ont propulsé au rang d’artiste de renommée internationale. Harmonica aux lèvres, guitare à la main, le Un public africophile qui a été gâté par le nombre d’événements qui lui ont été offerts au cours de ce printemps.
C’est sans doute là qu’est l’une des plus belles découvertes que l’on peut faire en arrivant à Montréal : parfois, on pourrait se croire en territoire africain tant il y a d’événements qui sont consacrés aux créations africaines. Pour tout vous dire il ne semble manquer qu’un événement dédié à la mode africaine, mais ça ne saurait probablement tarder. Les événements à saveur africaine seront encore nombreux au cours des prochains mois, restez à l’affût des prochains mouvements. Même Durala risque d'y contribuer...Stay tuned!




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