26 avr. 2009

Two in a row

Deux à la suite.

Le premier prix que j'ai gagné dans ma vie était le prix pour le Meilleur Conte.
Je l'ai gagné en classe de 5ème je pense. Je devais avoir 10 ou 11 ans.
Le conte s'appelait Rabelibelais et les Sorciéromagiciennes. C'était l'histoire d'une jeune fille du nom de Rabelibelais (...oui mon imagination était fertile...) qui avait quatre grand frères (toute ressemblance avec des personnes existantes serait totalement fortuite...). C'était une princesse qui était poursuivie par des sorciéromagiciennes (..."duralien" et "africophile" n'étaient pas mes premiers essais en néologismes...) et qui, après plusieurs péripéties parvint à délivrer ses frères, sauver sa famille et se marier avec le prince charmant... Je me souviens avoir été très surprise de gagner ce prix à l'époque et également d'en avoir été très fière.

Ce sont les mêmes sentiments que j'ai eus l'année dernière lorsque nous avons gagné le prix d'Émission de l'Année au Gala d'Excellence de Choq FM: un mélange d'extrême surprise et une telle fierté d'avoir mérité ce prix en compagnie de mes chers acolytes que j'en aurais pleuré. Certains pourraient peut être penser qu'il s'agissait là de pas grand chose, mais, pour nous, le symbole était grand. Nous sommes au Québec, une province accueillante et ouverte mais en plein questionnement quant à son identité culturelle. Nous sommes jeunes et motivés, avons grandi avec des parents qui écoutaient Radio France International (RFI) dés le réveil, nous ne connaissions que cela et n'avions jamais imaginé vouloir tenter ce type d'aventure à notre manière. Nous avons démarré une émission sans attentes et avons découvert une passion. Et parmi plus de 50 émissions, c'est celle sur l'actualité africaine et africophile qui gagne le plus grand titre offert par la radio qui nous accueille et nous soutient. Notre assiduité avait été récompensée, nous étions fiers et contents.
Nous avons donc continué notre travail avec plus d'invités, plus de collaborations, plus de suivi, plus d'émissions, plus d'événements et avec l'apogée de trois ans de travail avec l'émission spéciale de 5 heures, Afrique 3.0. Cette année, un autre gala, une autre nomination et une autre victoire.

Ce n'est pas un hasard.

Ce qui nous arrive là et ce que nous démontrons ici c'est quelque chose que nous savions avant le 4 novembre de Barack Obama. Nous avons en nous quelque chose d'indescriptible. Chaque duralien et duralienne a, à la fois, vécu des expériences de vie extraordinaires d'une rive à l'autre et dispose une histoire collective pleine de frustrations et tragédies aussi imputables à l'autre qu'à soi-même. Les blocages et complexes issus de cette lourde histoire collective semblent nous pousser à nous cantonner dans un rôle, une niche, un petit coin dans lequel nous prenons le petit espace que l'on nous donne, sans en demander plus, parce que, après tout, c'est déjà pas mal. Avec Durala et l'extraordinaire ouverture de Choq FM nous apprenons que ces voix, ces accents, ces musiques, ces problèmes, ces propos et ces opinions que nous exprimons ont une place et un intérêt. Qu'avec une émission au contenu africophile nous ne remplissons pas un quota de minorités qui colorent la programmation et que l'actualité africaine n'est pas une actualité de moindre importance.

Avec cela je dis que ce n'est que le début. Un énorme merci à toute l'équipe de Choq (Isabelle, Simon, Davi, Greg, Ariane, Maxime, Carl, Marco...). Merci à mes amis et acolytes Ansfrid et Audrey avec lesquels je partage des souvenirs qui me marqueront à tout jamais et que je ne saurais remercier assez pour m'avoir aidée à continuer l'émission. Merci à tous les collaborateurs qui apportent leur grain de sel Felyken, Dédy, Pamela, l'équipe des sports (Sydney, Somdo, Jean). Merci à celles avec lesquelles j'ai tout commencé (Jessica, Julie et Patricia) Et surtout merci à tous ceux qui nous écoutent et qui nous encouragent. Merci à ceux qui me motivent et sont surs que nous iront très loin...parce qu'en réalité, c'est grâce à eux que je suis encore là, que je bosse et garde le sourire même quand des fois, loin des miens (que j'aime plus que tout), je doute.

Je vais donc mettre ce nouveau cadre sur un de mes murs, bien en vue, le chérir, et continuer.

À l'année prochaine inch'Allah.

3 comments:

  1. C'est très beau et très touchant!
    Je n'ai qu'un mot à t'écrire et je te le redirai: MERCI!

    Audrey
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  2. Félicitations, Khady, et kudos à Ansfrid and Audrey également. Bravo pour le beau travail. Que les vents qui vous ont porté d'une rive à l'autre continuent de vous mener d'un succès à l'autre, année après année.

    Chaleureusement!
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  3. Be the change you wish to create, Ghandi.
    Way to go! Seybou
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