20 févr. 2009

Est-ce trop?

Comme beaucoup d'entre vous j'ai un compte Facebook, que j'entretiens avec ferveur et grand plaisir. J'ai eu un compte Hi5 dans le temps mais m'en suis débarassée lorsque j'ai compris que Facebook remplissait le même mandat mais dans un format qui me semblait beaucoup plus fonctionnel. J'ai donc commencé ma carrière facebookienne comme tous: je m'en servais comme d'un outil pour raviver de vieilles relations, retrouver des amis d'enfance et, avouons le, épier la vie des autres. Parce que c'est quand même l'une des choses les plus tentantes: cliquer sur les photos, découvrir qui est marié, qui est en couple, qui travaille, qui étudie, qui fait la fête, qui voyage...etc.

Mais après chaque petite tournée sur Facebook je me sentais comme si j'avais fait quelque chose de mal...un peu comme si j'avais pas de vie moi. Alors que, si si, j'ai une vie, je fais des choses moi aussi, je vous le jure. Mais je ne pensais pas que Facebook était le lieu pour en parler, je n'avais pas envie d'avoir l'impression de m'afficher. Alors j'ai continué comme ça, avec mes séances de voyeurisme déguisé qui se terminaient souvent par un double sentiment de supériorité (pfff je ne fais pas que ça moi) et d'infériorité (oh, je ne fais pas tout ça moi) avant de comprendre (aidé par un ami duralien au nom de code de "Marco") que Facebook était en réalité l'ultime outil de promotion. Et par promotion je ne pense pas uniquement à ceux qui font directement dans la promotion de leur produit ou service mais plutôt à tout ceux qui font la promotion de leur réussite personnelle et qui ainsi publicisent tous les grands moments de leur vie (les 350 photos de mariage, les 60 photos du premier anniversaire du bébé, les 50 photos de la cérémonie de remise de diplôme du troisième post-doc) ou ceux qui montrent au monde entier leur popularité avec leur 3500 amis, 2500 photos taggées prises dans les boîtes de nuit du monde entier: Paris, Miami, Dakar, Melbourne, Port-au-Prince, Kingston...

Après avoir fait cette, assez logique (et simple finalement...) découverte sur les dessous de Facebook j'ai enfin commencé à percevoir mon profil de manière différente et ai commencé à publiciser mes activités. Je n'en ai pas rajouté des couches sur ma vie sociale mais ai plutôt commencé à partager avec une facilité assez déconcertante les nouvelles sur les émissions, Durala en particulier, provocant même des débats sur ma page perso...mais c'est un autre débat!

Ce qui est absolument génial avec l'ère dans laquelle nous sommes - celle de l'internet participatif - c'est qu'elle nous donne des outils gratuits et très faciles d'utilisation pour nous réunir autour d'un concept ou cause qui nous meut et partager des informations, débattre et surtout défier le statut-quo. Aujourd'hui, se contenter des situations que l'on trouve inacceptable devient de plus en plus abérrant. Partout dans le monde il y a des personnes qui partagent des mêmes points de vue, un même esprit, des mêmes ambitions et des outils tels que Facebook, MySpace, Twitter, un blog, un podcast, une chaîne Youtube et j'en passe permettent de supprimer les barrières créées par les frontières physiques et l'espace, crééer des pôles d'influence et provoquer des changements: mineurs ouy majeurs qu'ils soient.

J'ai donc une page Facebook; j'administre avec Ansfrid les Groupes Facebook de Durala et Lisdla; ai une page MySpace, une page Twitter, une page YouTube , une page LinkedIn et administre en compagnie du team duralien plusieurs blogs tout en gèrant le site web de Durala/Njoya Magazine. Et en fait ce n'est pas tout puisque les émissions aussi, Durala et Les Idées Sont Dans l'Air sont diffusées uniquement par l'intermédiaire de World Wide Web.

Est-ce trop? Parfois certes il y a des outils que je met à jour moins souvent que je ne le souhaiterais (damn full time j.o.b.! lol) mais je pense que c'est nécessaire pour nous puisque ce que nous souhaitons c'est parler avec les gens, passer un message, partager les fou rires et délires qui nous définissent en tant que groupe dont le véritable profil est hors de toutes les généralisations dont il continue de faire l'objet.

Bref, tout ça pour dire que le web africain 2.0 et 3.0, si j'en parle, c'est surtout parce que je le vis et qu'il m'anime. Je vais juste faire attention à ce qu'il ne me bouffe pas ;)





Afrigator

6 comments:

  1. lol tu me rapelles moi ..oh lalala sometimes je me dits yaye tu exageres mais je me dits qd tu choisis une voie publique ca vient avec ca..jespere juste quavec le tps jarriverais mieux gerer mes subscriptions sur la toile et eliminer ce qui nest pas necessaire surtout avec ma mere qui me cite des proverbes en bambara par raport a sa protection (histoire dafricanism lol)but hum..yes je feel completement ton article:)
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  2. lol, les histoires d'africanism on connait! D'ailleurs c'est, avec les questions de modestie héréditaires, des concepts qui m'ont assez freinée au début (et qui continuent de me freiner parfois)
    Mais effectivement tous ces outils ce serait dommage de ne pas s'en servir, surtout lorsque l'objectif est de diffuser de l'info!
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  3. tres bon article. Pendant tres longtemps je refusais de me mettre sur FB. Ma philosophie etait si tu veux de mes nouvelles, envoies moi un email..puis l'ete passe, je me suis enfin mis sur la toile et j etais deprimee pendant des jours en voyant les photos de mariages, bebes, sourires, fetes, etc...
    en fait pas parce que je ne suis pas mariee ni mere. Je ne suis pas du tout prete pour cela mais en tant qu'etudiante qui a tout le temps son nez dans les cahiers, j avais l impression que les autres ont evolue pendant que moi je stagne.
    Ca m a pris du temps pour apprendre a ne pas me focaliser sur cela et surtout a le voir comme un outil pour dire coucou a une connaissance qu on a n a pas vu depuis longtemps..
    Mais bon, je compte fermer mon compte bientot..lol

    par contre twitter j aime bien car la plupart des gens que je "follow" sont des beauty bloggers et ca fait plaisir de papoter de maquillage, cheveux, cremes :)
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  4. Amina I feel you. Au début c'était un peu ça ma vision aussi: il y avait soit les gens qui s'amusaient tout le temps (qui étaient de toutes les soirées) soir ceux qui se mariaient et avaient des bébés et je n'étais d'aucun de ces deux groupes. Le gros de ma vie se partage entre le travail et les amis avec lesquels j'ai des activités plus "laid-back"... en plus, sachant que je ne suis pas une adepte de la prise de milliards de photo lors des soirées il n'y avait rien de vraiment excitant sur mon profil! Il s'agit pour moi finalement de moins me focaliser sur ce que les gens font mais plutôt sur ce que les gens partagent en terme de contenu and that makes it much more useful and less frustrating :)
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  5. tu as tout a fait raison Khady! moi aussi je suis pas du tout party girl et sur mon profil, on voit mes dents rek...lol...
    souvent quand je passe mes weekends a etudier (comme aujourdh'ui) et les gens postent les photos de la derniere soiree qu'il ne fallait pas rater, je me sens comme une ermite...mais tres vite, je me rappele que tout n est pas rose sur facebook....
    bon weekend!!
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  6. Amina,

    Je ne sais pas cela fait combien de temps que tu étudies, mais crois-moi, un jour les études ça finit et tu en seras nostalgique. J'ai remarqué cela très vite, c'est pourquoi j'aspire personnellement à étudier le plus longtemps possible, parce que j'aime l'académique tout simplement même si à certain moment c'est difficile (comme avec toutes choses). J'ai compris cela grâce à deux types de personnes dans le groupe des 40 ans et plus: le premier type m'explique qu'ayant su, ils allaient étudier plus longtemps, ne serait-ce qu'un diplôme de plus, car avec la famille maintenant c'est difficile de retourner à l'université; l'autre type me dit qu'ayant su ils auraient du se comporter de façon plus traditionnelle (études puis famille) car la liberté du jeune célibataire qui fait ce qu'il veut, ben on en veut plus vraiment à un certain âge...

    À Khady,

    Voici une contribution du New York Times qui rejoint ton article:

    http://www.nytimes.com/2009/03/05/opinion/l05twitter.html?_r=1
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